Triathlète depuis 2011. Cette activité occupe une majeure partie de mon temps libre. Le but de ce blog est de partager mes récits de courses, les émotions, sensations et les déboires qui font d'une activité une aventure!
Depuis mon abandon à Aix les Bains, les entrainements se sont bien, même très bien passés. Tant en vélo qu’en Cap, je n’ai pas réussi à sortir pareil entrainement depuis bien longtemps, sous certains aspects c’est même mieux que pendant ma prépa pour Roth, je suis moins fatigué. Galvanisé par ces bonnes sensations, je décide finalement de ne pas céder ma place dans la grosse équipe du club : la « Big D’IM Orchestra ». Le format de ce dernier est 1.7 / 72 / 17.
Peut- être devrais-je commencer par expliquer ce qu’est une course par équipe en triathlon ? Il faut constituer une équipe de cinq triathlètes, le troisième passant la ligne d’arrivée donne le temps de l’équipe. Le rythme doit donc être suffisamment soutenu pour optimiser le passage de ce dernier, quitte à abandonner deux équipiers. Notre équipe est constituée de Nicoprez qui revient fort, Gerbox qui nage et roule fort, Yohulk je pense que son surnom en dit long, Régis qui court aussi vite qu’il roule, il roule un bon ton au-dessus de tout le monde et moi qui nage fort, qui doit m’accrocher en vélo et en CAP. Nous accompagnent sur cette course ma chérie, Nath et Caro !
Après une nuit dans un magnifique chalet situé en bordure du lac de Paladru, merci Gerbox pour tes bons plans et surtout à ton pote de nous avoir accueilli. Nous rejoignons en voiture le site de départ car il tombe des trombes d’eau. On est tous dégoûté, la météo était prévue au beau et personnellement je n’ai pas pris de vêtement de pluie. Arrivé sur site, on fait comme tous les participants, on s’abrite sous les coffres des voitures en tirant une tronche de six pieds de long. A la faveur d’une accalmie qui n’est jamais venu, nous rejoignons la ligne de départ en faisant une halte au superbe stand couvert Activasport de Régis. Après nombre tergiversation stratégique sur le moment où nous mettons les chaussettes (vélo ou cap), nous posons les affaires dans le parc à vélo alors que la pluie est toujours battante, nous sommes à 5’ du premier départ mais devons être la 6ème équipe sur 84 à poser nos affaires, il faut croire que les gens sont toujours sous leur coffre à attendre une accalmie. Ils arriveront d’un coup et le départ sera donné avec 15’ de retard ! Dernier briefing stratégique sur l’organisation des relais à vélo et nous rejoignons la zone natation pour nous échauffer. Départ initialement prévu à 11h21, plus 15’, nous partons donc à 11h46, nous sommes large… A peine le temps d’un aller-retour dans la zone d’échauffement que notre fan club nous appel car nous sommes attendus au départ. Nous comprendrons après la course que 11h21+15 ça fait 11h36, heureusement que nous étions 5 ! Le temps s’est mis au beau, chouette la route va sécher pour le vélo.
Top -20 sec ! Top départ, et c’est parti pour nous 5, conformément à ce qui a été décidé je pars devant jusqu’à la première bouée espacée de 600M. Départ tranquille en allongeant sans me fatiguer j’omets cependant un point important de notre stratégie qui était de me laisser toucher les pieds. Derrière ça peine un peu à suivre, j’alterne entre dos et crawl afin de ne pas distancer mes compagnons. La première bouée arrive, j’ai réussi à tirer droit dessus, pour moi c’est une petite victoire. Ca change beaucoup de paramètres de ne pas partir en paquet, pas de bousculade, pas de coup, on peut allonger direct, c’est confortable. Nicoprez prend le relais jusqu’à la deuxième bouée, j’optimise mon placement en nageant en retrait sur son flanc et comble le vide au besoin lorsqu’il distance d’une longueur Yo, Gerbox et Régis. Pour moi ça nage vraiment tranquille, c’est agréable de se laisser glisser sans forcer. Troisième bouée, je joue toujours le tampon puis repasse devant pour essayer de contenir le retour de l’équipe Turbo qui compte quelques Echirollois et anciens Echirollois dans ses rangs, c’est la gueguerre du jour. Nous commençons à remonter d’autres équipes, je souhaite les doubler par l’intérieur du parcours, Nico ne l’entend pas de cet avis et passe à l’extérieur, le groupe éclate. Dans le même temps, l’équipe Turbo partie deux minutes après nous nous double déjà. Dernière bouée, encore 50M et nous sortons de l’eau.
Transition 1 : pas grand-chose à dire. Je suis relativement surpris de ne pas sortir dernier du parc. C’est généralement un gros point faible. On se fait engueuler par les arbitres parce qu’on essaie de partir sans les derniers alors que c’est une course par équipe. Il est nécessaire de quitter les deux transitions avec les coureurs continuant la course.
Nous voici à présent sur le vélo, ayant très peu l’habitude de rouler en paquet, surtout cette année ou je me suis entrainé 90% du temps seul, je crains beaucoup la chute. Enfin c’est le jeu de la course, j’aurais pu laisser mon dossard à un autre alors il va bien falloir rouler dans les roues et faire comme les autres. L’équipe compte quelques mobylettes, ça part vite, mon cardio pour ne pas changer est à bloc. Cette année, j’ai bien réussi à caler mon allure IM, j’arrive à rouler longtemps aux environs des 40km/h sur le plat, mais je peine énormément à rouler plus vite, ça me fait la sensation d’un bridage. On ne peut pas tout avoir d’un coup, heureusement qu’il me reste des points à améliorer pour les prochaines années. On prend tous nos relais correctement, le cardio ne redescend pas, l’essoufflement est quasi permanent et voici la première bosse. Ce n’est pas très long mais dans le rouge, ça semble être un mur. A ma surprise, c’est Nicoprez qui décroche le premier, j’en profite pour ne pas dépenser plus d’énergie que nécessaire et reste à ses côtés. Régis plus à l’aise sur un vélo que moi dans l’eau nous encourage à ne plus prendre de relais sur les portions planes. L’idée est que Régis, Yo et Gerbox se relaie devant pour nous économiser. J’obtempère tandis que Nicoprez continue normalement de prendre les relais. Mon cardio redescend et je me hasarde à faire de courts relais, c’est toujours ça de pris pour les autres. Le parcours se poursuit à vive allure, pour moi en tout cas. J’ai du mal à boire et à m’alimenter, ça roule si vite et si près que je n’ose pas lâcher le guidon et les freins. La deuxième boucle m’aura paru bien plus rapide que la première, pourtant nous réalisons le même temps, les équipiers nous poussent dans les côtes. Les 10 derniers km de vélo sont relativement éprouvants, j’ai des nausées assez violentes qui ne m’aident pas franchement à reprendre mon souffle. Gerbox reste à mes côtés et me pousse régulièrement. Nous terminons le vélo avec une moyenne d’un peu plus de 38 km/h.
Transition 2 : Gerbox en reste là, c’était prévu ainsi à cause de soucis à un genou. Il s’est bien sacrifié à vélo. De mon côté, la transition est difficile, j’ai du mal à retrouver mon souffle. J’arrive dernier dans l’air de départ.
Et c’est parti pour la course à pied. Je suis cramé mais bien décidé à m’accrocher. Ca part vite, on court sur une moyenne de 15km/h, à regarder les autres, j’ai pourtant l’impression que nous faisons un footing. Les sensations ne sont pas pires mais comme à Aix-les -Bains, je ressens une gêne respiratoire, comme si l’œsophage se pinçait et l’air avait du mal à rentrer. Nicoprez m’encourage à me détendre, ça va passer. Je fais mon max, relâche les bras, essai de souffler mais rien à faire, c’est de pire en pire. 15, 14, 13 j’essaie de m’accrocher pour limiter la casse, les autres sont déjà loin. 12, 11, 10, c’est l’enfer, j’alterne entre 11 et 12 km/h, rarement 13, je marche, j’ai des nausées, je n’arrive pas à respirer. Je terminerai la course à pied car c’était prévu ainsi, mais je n’en tirerai vraiment aucun plaisir. La ligne d’arrivée ne soulagera pas ma déception. Les copains se sont bien accrochés et Nicoprez en vrai guerrier s’accrochera jusqu’au bout, du km 10 jusqu’à la fin, il sera parfois poussé par Régis et Yohan en même temps . Bref, il a tout donné. Yohan aura une crampe sur la fin qui aurait pu tout faire basculer (je suis 20’ derrière). Mais ils s’accrochent tous et passent la ligne.
Au scratch, les copains classent l’équipe en 5ème position. En triathlon, il n’est pas rare de balayer large et les récompenses sont souvent étendues au-delà du podium. Je me retrouve donc invité au pied du podium avec l’équipe. C’est une première bien malgré moi pour le triathlon et je me rends compte de l’esprit sympa qui règne dans ce sport, toutes les équipes devant nous passerons nous serrer la main. En troisième position, nous retrouvons nos amis de l’équipe Turbo qui se sont vraiment bien battu et accroché en course à pied. Bravo les gars, on vous attendait pas là !
J’ai depuis repris l’entrainement, les sensations en natation et en CAP sont bonnes, à mon niveau, mais je n’arrive plus à enchainer. Et je m’entraine pas autant dans le but d’être le champion de l’entrainement... Or mis le moindre entrainement, la seule chose que j’ai changé depuis Roth est le vélo. Je me pose donc des questions sur mon positionnement sur ce dernier. Dans 10 jours je termine ma saison sur un format semblable, 2-90-20, je laisse le CLM de côté et reprend le vélo de route, ça me permettra de tester ce paramètre.
C’était pas évident de faire ce CR, on a moins envie de raconter une histoire lorsqu’elle n’a pas le goût qu’on lui rêvait, j’espère qu’elle ne vous ennuiera pas trop quand même. A bientôt.